Le savoir-faire textile du Pérou

Dans la longue histoire textile du Pérou, chaque région a développé des solutions spécifiques en matière de tissage et de broderie, qui constituent ensemble un riche patrimoine immatériel.

De nombreuses autres traditions textiles et décoratives ont été incorporées à ce patrimoine et ont été diffusées dans les communautés modernes du pays.

Olga Zaferson explique:

«… chaque région du Pérou a un style de broderie, une technique particulière, y compris des secrets d’élaboration. La broderie à la main est un savoir-faire raffiné  qui se transmet de générations en génération.

Nous ne pensons pas que le cycle historique de l’artisanat soit clos, le passage de la machine à manivelle, puis à la machine à pédale, et enfin l’utilisation de machines industrielles a bien fait évoluer cet art, mais il y a place pour un retour aux techniques manuelles oubliées…”

1 Technique “Makinasqa” (Arequipa)

La technique Makinasqa se fait sur machine à coudre. Toute la profondeur chromatique et la variété baroque du décor se retrouvent dans les jupes, les chemisiers, les “chumpis”, gilets et chapeaux de la ville du Canyon du Colca.

Cette technique se caractérise par une ornementation  constitué d’un ruban d’une couleur qui contraste avec le tissu, où est brodé des motifs typiques de la région. 

 

 

 

 

Costume typique d’Arequipa

 

 

2 Technique “Plumillado” (Junin)

Le Plumillado est une technique qui utilise la machine à coudre. Il consiste à mettre un cadre sur le tissu bien étiré ; la pédale de la machine s’arrête quelques secondes et c’est la main du brodeur qui déplace le tissu.

Une partie de la finition consiste à couper le bord de l’ourlet, à enlever l’excédent de tissu, à laisser des dentelles finement dessinées. Cette technique est caractéristique de Junin au centre du pays.

 

 

 

 

 

Costume typique de Junin Photo Mario Testino

 

3 Technique “Prosasca” (Ayacucho)

Le Prosasca est une technique presque disparue. Elle s’effectue sur un tissu rustique. Il s’agit d’une technique qui implique des travaux manuels laborieux.

 

 

 

 

 

 

 

Costume typique d’Ayacucho

 

4 Technique “Talaqueado” (Junin)

Le Talaqueado est une technique de broderie de type “remplissage”. Les brodeuses préparent en amont leurs dessins sur un papier avec les motifs qu’elles souhaitent broder des fleurs, d’oiseaux, d’insectes et d’autres images typiques de la région.

En raison de l’utilisation des machines à coudre au détriment de la broderie faite main, les tailles de décors sont devenus très grandes et moins délicates qu’auparavant.. 

Sa caractéristique principale est l’utilisation de couleurs stridentes.

 

 

Costume typique centre du Pérou Photo Mario Testino

 

5  Technique “Picateada” (Ayacucho y Huancavelica)

Picateada est une autre technique qui utilise une machine à coudre et nécessite des ciseaux ou des “piqueteras”.

Il consiste à mettre deux tissus l’un sur l’autre ; on les joint par  les extrémités. Ensuite, le tissu supérieur est coupé en donnant les formes souhaitées. Cette technique est utilisée pour les vêtements et les accessoires des autels des églises.

Brodeur technique “Picateada”

 

 

6  Technique “Uvado” (Ayacucho)

Tissu fait avec la technique “Uvado”

La technique Uvado n’est presque plus utilisée. Elle se fait avec des machines manuelles. Il s’agit de deux tissus, mis l’un sur l’autre ; on remplit ensuite les décors entre deux tissus

 

 

 

 

 

7  Technique “shipiba” (Amazonas)

La broderie est pour les femmes Shipibo de la forêt amazonienne un moyen d’exprimer leur passé, leur présent et leur avenir. La meilleure broderie est réalisée par des femmes âgée d’entre 40 et 50 ans, qui ont selon les Shipibos, la spiritualité nécessaire pour le faire. 

Elles utilisent des tissus en coton, planté et récolté par les femmes. Ensuite, elles fabriquent les tissus avec un métier à tisser et les peignent à la main.

Chaque ligne et dessin dispose d’une signification spirituelle.

 

 

Pour leurs créations, les femmes utilisent de la peinture naturelle ou des fils à broder. Elles savent également fabriquer différents types de pointes de broderie, laborieuses et ancestrales.                                      

8  Technique “Makinasqa” (Cusco)

À Cusco, la broderie est réalisée principalement par des hommes. Ils utilisent la machine à coudre en recourant à une technique appelée «achurar» qui consiste à prendre le tissu de haut en bas uniquement dirigé avec trois doigts de chaque main, en faisant un mouvement rapide et uniforme.

Cette broderie se fait à l’envers, ce qui implique l’utilisation d’un fil de coton ou de laine épais. Il y a encore 50 ans, la broderie était uniquement faite sur du fil blanc; elle est aujourd’hui multicolore.

Photo Mario Testino

 

9  Technique de broderie du nord du Pérou

Broderie du typique du Nord du Pérou

Différents types de points sont utilisés pour cette broderie réalisée à la main ou à la machine à coudre. Des familles entières se consacrent à ce travail. 

Cette technique sert notamment pour les costumes de “marinera”, une danse typique de la région. Auparavant, la broderie était réalisée à la main et les motifs étaient plus simples. Aujourd’hui, la machine à coudre est principalement utilisée et les motifs sont beaucoup plus travaillés. 

 

 

 

Couple dansant la Marinera – Danse typique du Nord du Pérou

 

 

10  Technique de broderie de Puno

Les broderies les plus connues du département de Puno sont celles appliquées à ses célèbres capes. Elles sont brodées avec des fils de la même fibre et fabriqués à la machine. Pour cette broderie, ils utilisent deux techniques: d’abord, ils passent le fil en longs points, en arrangeant harmonieusement les couleurs,  puis ils les fixent avec la machine à coudre. 

Tissu fait avec une technique de broderie typique de Puno au sud du Pérou

Cet aperçu des principales techniques textiles péruvienne certes rapide permet de se rendre compte de l’importance et de la richesse de ce patrimoine. La sauvegarde et la valorisation de ce patrimoine est un des grands enjeux actuel pour l’avenir du textile au Pérou.

 

(article extrait d’un mémoire de Belén le Foyer de Costil, reproduit ici avec son aimable autorisation).

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