Un clasico de basket à Arequipa

Ce soir, se joue le match retour de la demi finale des playoffs de Basket de la ligue d’Arequipa. A l’affiche, les Rouges et Noirs de San José contre les Ours De La Salle. Ça ne dira rien même aux plus férus de basket mais à Arequipa c’est El clasico.

Les deux équipes de la ville jouent au niveau national avec même une finale pour San José en 2015. Le reste des équipes de la ligue d’Arequipa est bien loin du niveau des deux champions, comme nous le rappelle l’autre demi-finale de la soirée où certains joueurs laissent poindre bedaines et chevelures grisonnantes.

Alors que se termine le premier match, la petite salle du Coliseum del Niño commence à se remplir pour de bon. Deux ou trois cents personnes s’entassent sur les gradins. Le billet n’est qu’à 5 soles. On est loin des chiffres du football mais le basket n’est pas un sport de masse au Pérou ; il est plutôt pratiqué – et apprécié – par les plus aisés, comme en témoignent quelques grosses cylindrées garés devant la salle.

Les supporteurs des deux équipes accrochent les banderoles et installent les tambours. Des enfants profitent de l’interlude pour tenter quelques tirs. Les joueurs commencent à s’échauffer.
Les premiers chants résonnent dans une ambiance bon enfant.

21 heures, le match commence enfin. San José domine outrageusement l’entame et prend rapidement une quinzaine de points d’avance. Ramiro Ballivian le vétéran de San José est à la relance. Comme la plupart des autres joueurs, c’est un ancien élève du lycée même si les équipes débauchent aussi à l’occasion dans les clubs adverses.

Les Ours De La Salle s’accrochent et parvient à contenir la différence de points pendant les deux premiers quarts-temps. Alors que le troisième commence, voilà même que les laitues – du surnom des joueurs De La Salle – se réveillent. La tension monte d’un cran. San José commence à douter. De La Salle durcit le jeu.

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Quelques fautes vicieuses d’un colosse patibulaire embrase les supporters adverses qui l’insultent copieusement. C’est un Américain comme quelques autres joueurs qui font presque une tête de plus que les Péruviens, plutôt petits de nature. Payés par les clubs, ces nouveaux joueurs étrangers témoignent de la progressive professionnalisation du basket péruvien.

De La Salle grignote inexorablement son retard tandis que San José voit son compteur bloqué. 9,7,5,3… l’avance des Rouges et noirs fond tandis que ses fans blêmissent en voyant se profiler l’impensable. La ferveur est palpable. C’est que De La Salle comme San José sont des écoles privées catholiques centenaires avant d’être des équipes de basket. Les élèves – tous des garçons, encore rares étant les écoles privée mixtes au Pérou – y suivent leur scolarité de la maternelle jusqu’au baccalauréat, parfois de père en fils, créant un puissant attachement des élèves à leur école.

A 17 secondes du coup de sifflet final le score est de 66-65 pour San José qui vient encore de rater son action, déclenchant un immense « puta madre! » collectif. La balle est à De La Salle. Un panier lui suffirait pour gagner. Les supporteurs sont plus bruyant que jamais. Chaque moitié de la salle entame le chant emblématique de son équipe. « Abran el paso que viene San José »

Le tire est parti ! Le ballon rate de peu le cerle ! De La Salle obtient cependant un double lancer franc à la suite d’une faute défensive. Tout reste possible. Sous les hués adverses et le tintamarre des tambours, un jeune joueur est chargé de la lourde tache de tirer les lancers francs décisifs.. et les rate. San José peut souffler. Un beau panier dans les dernières secondes leur permet même de finir le match en beauté. Des hourras fusent depuis les gradins de San José. On se congratule, les joueurs prennent la pose pour une photo souvenir à laquelle se greffe des bambins. Mais pour De La Salle, rien n’est encore perdu. Les joueurs et les supporteurs ont rendez-vous trois jours plus tard pour l’ultime jeu de la demi-finale.

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