Toro muerto et la vallée de Majes

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  • El Castillo, Majes
  • Vue depuis Toro Muerto
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A Toro Muerto comme ailleurs, c’est autant le voyage que la destination qui compte. On accède au site archéologique depuis Arequipa après 2 heures 30 de route à travers l’immense désert situé entre les Andes et le Pacifique.

Au loin, s’éloignent les sommets enneigés du Misti et du Chachani tandis que la route panamericana s’enfonce dans le désert. Nulle trace de vie ou presque où que la vue porte pendant plus de 150 kilomètres. Dans ce paysage grandiose et désolé, les virages les plus serrés sont parsemés de croix qui signalent les accidents mortels, guère une surprise au regard de tous ces véhicules qui doublent sans visibilité. Des déchets jonchent les bas cotés. Quelques panneaux « propriété privé » sur des étendues de sable ne laissent pas de surprendre. Au fur et à mesure que l’on se rapproche de notre destination, des rangées d’arbres signalent parfois des terres irriguées à grand frais, parfois par l’argent de la drogue ou de détournement de fonds selon les dires des locaux.

Puis, de ce désert de sable et de pierre surgit tout d’un coup, la vallée de Majes. Une immense tache verte s’étend à perte de vue, 1500 mètres en contrebas, enserrée entre de vertigineux flancs rosés. La route serpente en s’enfonçant dans la vallée tandis que se dessinent les champs et les rizières qui bordent le fleuve Majes. On atteint bientôt le village de Corire. C’est l’occasion de faire un détour jusqu’à El Castillo une incroyable formation rocheuse qui évoque autant un château qu’un vaisseau extraterrestre prisonnier des sables. On arrive enfin à Toro Muerto après être remonté de quelques centaines de mètres. Derrière nous, s’offre une belle vue sur la vallée. Devant, s’étend un labyrinthe de pierres couchées sur le sable, projetées par les éruptions du Chachani et du Coropuna il y a 50 millions d’années.

Plus de 5000 de ces rochers repartis sur plusieurs kilomètres carré sont ornés de pétroglyphes. Gravés, il y a près de mille ans pour les plus anciens, ils étaient situés sur les voies de communication des caravanes des Huaris.

Trois principaux chemins permettent d’accéder aux pétroglyphes les plus intéressants, même si chemin est un bien grand mot puisque ce ne sont que sable et pierre à perte de vue. A part une petite cabane à l’entrée, le site n’est pas aménagé, ce qui contribue d’ailleurs à son charme. Il y a quelques années encore Toro Muerto était encore mois accessible ; il fallait marcher plusieurs heures pour l’atteindre à pied depuis le fond de la vallée.

Serpents, oiseaux, félins, lamas, c’est un véritable bestiaire qui apparait sur les pierres, alternant avec des formes géométriques non moins intrigantes. On reconnait des figures d’Hommes qui dansent, jouent de la musique, ou pratiquent l’élevage. On se perd à les découvrir, on s’amuse à les déchiffrer même si comme souvent avec les ruines du Pérou, le mystère n’est pas complètement levé. On distingue au loin une petite tache noire sur le flanc de la montagne. Ce sont des arbres, poussant à côté d’une source jaillissant en plein désert. Mais soleil brulant se reflète sur le sable, les chaussures sont remplies de sable, et les gorges asséchées. Il est temps de rentrer.

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