César Vallejo – Piedra negra sobre una piedra blanca

Cesar Vallejo

Piedra negra sobre una piedra blanca est l’un des plus beaux poèmes de César Vallejo. Le grand poète péruvien l’a écris lors de son exil en Europe dont il ne reviendra jamais. Aussi tourmenté que jamais, il n’a rien perdu de sa soif de justice et de vérité mais il sait sa fin proche. Il laisse derrière-lui les souvenirs de son enfance si pieuse dans une petite ville andine, la misère des mines et des plantations, les études de médecine avortées, la prison, la vie de bohème à Trujillo, Lima puis Paris. Il laisse son engagement marxiste, la guerre d’Espagne, les voyages en URSS, et bien sûr son œuvre, aussi courte qu’essentielle. Il laisse enfin sa femme Georgette Vallejo. C’est elle qui traduira et publiera de manière posthume ses derniers poèmes dont ce « Pierre Noir sur une pierre blanche ».

Piedra negra sobre una piedra blanca

Je mourrai à Paris un jour de forte pluie
Un jour dont déjà je me souviens
Je mourrai à Paris, et je ne fuis pas
Peut être un jeudi, comme aujourd’hui, d’automne

Un jeudi, ce sera, car aujourd’hui jeudi, je prose
ces vers, les humérus, je les ai enfilé
mal, et jamais comme aujourd’hui, je n’en était venu
après tout mon chemin, à me voir seul

César Vallejo est mort, ils le frappaient
tous, sans qu’il ne leur ait rien fait
ils le frappaient dur, avec un bâton et dur

Aussi avec une corde ; en sont témoins
Les jours de jeudis, et les os humérus
La solitude, la pluie, les chemins

 

Me moriré en París con aguacero,
un día del cual tengo ya el recuerdo.
Me moriré en París -y no me corro-
tal vez un jueves, como es hoy, de otoño.

Jueves será, porque hoy, jueves, que proso
estos versos, los húmeros me he puesto
a la mala y, jamás como hoy, me he vuelto,
con todo mi camino, a verme solo.

César Vallejo ha muerto, le pegaban
todos sin que él les haga nada;
le daban duro con un palo y duro

también con una soga; son testigos
los días jueves y los huesos húmeros,
la soledad, la lluvia, los caminos…

 

 

 

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